Dans le cadre du processus de ciblage des 5000 ménages bénéficiaires de la phase pilote du projet, une mission conjointe de la Banque Mondiale (BM) et de l’Unité de Gestion du Projet de Filets Productifs (UGP-FSP) s’est déroulée sur la période du 25 au 28 mai 2016 dans la Région du Gbêkê, précisément dans le département de Bouaké.
Cette mission avait pour objectif de procéder, en prélude à la phase d’enquête proprement dite, au test des outils PMT développés à l’effet de sélectionner lesdits ménages. L’équipe de mission a visité deux (02) villages de la Sous-préfecture de Brobo. Il s’agit en l’occurrence d’Adikro et Kouakro dont les ménages ont été, pour la circonstance, enquêtés. En termes d’enjeux, le mérite de cette activité, réside dans sa dimension didactique, consistant à y tirer des enseignements quant au caractère opérationnel du questionnaire (outil), la pertinence et la complétude de ses questions, ainsi que l’environnement communicationnel du processus.
Riche en expériences, ces enseignements peuvent se catégoriser en deux (02) grands groupes :
- les enseignements tirés de la circulation de l’information entre l’UGP, les autorités administratives locales et les communautés villageoises ;
- les enseignements tirés du test proprement de l’outil.
- Enseignements tirés de la circulation de l’information entre l’UGP, les autorités administratives locales et les communautés villageoises
En prélude à la mission, l’UGP a défini un mécanisme de circulation de l’information afin de susciter l’implication effective de toutes les parties prenantes. De façon pratique, ce mécanisme met à contribution les acteurs ci-après :
- UGP-FSP/MEPS;
- Préfet de Région ;
- DR du Ministère en charge de la Protection Sociale ;
- Sous-préfets ;
- Responsables du centre social ;
- Chefs du village :
- Communautés villageoises.
Le mode opératoire (schéma) de ce mécanisme se décline en deux (02) étapes majeures :
- Etape 1 : Information des autorités locales
L’UGP/MEPS, par voie de correspondance, a informé de façon simultanée M. le Préfet de Région du Gbêkê et Madame la Directrice Régionale de la Protection Sociale de la tenue de la mission en leur donnant toutes les informations et/ou instructions utiles à l’organisation efficiente de la mission.
Chacune des deux (02) autorités administratives locales a procédé à son tour à la répercussion de l’information à son collaborateur selon la hiérarchie (le Sous-préfet du champ administratif des villages sélectionnés pour le Préfet de Région et la Directrice du Centre Social dont dépendent lesdits villages).
Mme la DR a pris attache avec M. le Sous-préfet préalablement informé par sa hiérarchie dans l’optique d’une coordination du processus visant à informer les communautés villageoises.
- le Sous-préfet s’est chargé d’informer les chefs des villages sélectionnés et Mme la DR, aidée en cela par la Responsable du centre social, a fait le suivi afin de s’assurer de la fluidité de l’information.
Au regard de la mobilisation des communautés villageoises dont il en est en partie responsable, on peut affirmer que ce procédé s’est avéré efficace. Il pourrait donc, pour les échéances futures, faire école.
- Etape 2 : Stratégie organisationnelle des villages du point de vue de la communication
Les chefs de villages ayant été informés par M. le Sous-préfet, ils ont réuni à leur tour leur notabilité et les responsables de l’association des jeunes afin de les informer. Les représentants de la jeunesse (le président aidé en cela par son Secrétaire Général) se sont enfin chargés d’informer la communauté dans son ensemble.
Ce mode d’organisation du point de vue de la circulation de l’information, nous apparaît comme l’un des éléments décisifs qui ont contribué à la réussite de la mobilisation et de l’adhésion de la communauté dans chacun des villages enquêtés.
Aussinous apparaît-il tout à fait indiqué de le considérer, pour les prochaines étapes, comme une bonne pratique sur laquelle il faudrait capitaliser.
Par ailleurs, d’autres facteurs, à l’analyse, nous apparaissent comme des atouts indéniables à promouvoir et sur lesquels il va falloir capitaliser pour la suite du processus. C’est l’exemple du Sous-préfet de Djébonoua (il assure actuellement l’intérim à Brobo) dont la bonne compréhension du projet et ses principes par avance a concouru à son adhésion et à son implication effective dans le processus. Notons à ce propos, qu’accompagné de la gendarmerie, il a tenu à faire partie de la délégation pour l’étape du village d’Adikro. L’effectivité de sa présence et son propos liminaire lors de la cérémonie d’accueil ont achevé de convaincre la communauté villageoise de la légitimité et de l’importance des enjeux de la mission. Cela a pu se mesurer à la hauteur de la mobilisation, de l’adhésion de la communauté et du bon déroulement de l’enquête (les quelques uns qui s’étaient rendu au champs ont été sommés de rentrer illico par le chef et la totalité des ménages a été identifiée et enquêtée).Le même résultat a été atteint dans le village de Kouakro qui avait, pour la circonstance, dépêché des émissaires à Adikro pour recueillir des informations du point de vue organisationnel et des enjeux de la mission.
Dans cette perspective, il apparaît assez logique que pour les échéances futures, la communication avec le corps préfectoral se poursuive et qu’elle soit renforcée, dans la mesure où l’information, la formation et la sensibilisation faites en amont au bénéfice dudit Corps (à travers l’exemple sus-mentionné) apparaît comme une bonne pratique à promouvoir.
L’autre atout dont a disposé l’équipe de mission, c’est l’existence en son sein (sur proposition de la responsable du centre social) d’un porte-parole/interprète maîtrisant parfaitement les us et coutumes locaux (tradition baoulé). La présence de cette personne ressource a fortement contribué à rassurer et à renforcer le climat de confiance entre l’équipe de mission et la communauté villageoise. Aussi capitaliser sur cette pratique pour les échéances à venir apparaît-il comme une valeur ajoutée au processus.